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Michel Warschawski - Directeur du Centre Alternatif de Jérusalem - JERUSALEM, ISRAEL
Date du 1er contact avec LCBC :2003-06-25,
Figure de la gauche radicale israélienne
Directeur du Centre Alternatif de Jérusalem
Michel Warschawski est l'un des représentants du courant radical antisioniste en Israël. Il est, aux côtés de Rony Brauman, l'un des auteurs du livre collectif « Antisémitisme : l'intolérable chantage ».


Sympathisant(e) ou membre de : Centre d'information Alternatif de Jérusalem,Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien,Caravane pour la Palestine,Non à la croisade impériale,
Idées + Actions :
idées, Les Palestiniens sont tellement déséspérés qu'ils demandent que tout le monde vienne les aider (04 02 2005)
idées, Gare à l'instrumentalisation de la solidarité avec les Palestiniens (11 11 2004)
idées, Leçons d'Oslo (02 12 2003)
idées, La colonisation, substantifique moelle d'Ariel Sharon (16 06 2003)
sanctions-boycott , L'application de sanctions contre un Etat qui bafoue le droit et viole les résolutions de l'ONU [universités] (22 01 2003)
Info sur le Web (Google)
Idée LCBC : Importation des conflits en France
Gare à l'instrumentalisation de la solidarité avec les Palestiniens
Le 11 11 2004 Michel Warschawski, paru dans Politis
Tous ceux qui, en Europe, ont à coeur le respect du droit et qui oeuvrent à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens peuvent se réjouir de deux développements notoires : au cours des dernières années, l'opinion publique européenne est devenue, en majorité, plus sensible à l'injustice dont sont victimes les Palestiniens, et défend une solution politique qui, dans ses grandes lignes, s'appuierait sur les résolutions de l'ONU ; parallèlement, le mouvement de solidarité avec les Palestiniens s'est substantiellement élargi et implique aujourd'hui des pans entiers du mouvement social, dans les syndicats, les quartiers, les paroisses, les ONG, etc.
Pourtant, ces progrès significatifs se font sur un arrière-plan de manipulations du conflit israélo-palestinien par les tenants du « choc des civilisations » et des conflits interethniques et interconfessionels. Cette réalité complexe exige de la part des organisations de solidarité avec le peuple palestinien beaucoup de clairvoyance et de responsabilité, afin de tirer le meilleur, et non le pire, des potentialités du moment.
Le fait que ce mouvement soit composé d'organisations diverses, ayant parfois des points de vue divergents sur différents aspects du problème, n'est pas en soi un phénomène négatif ; il reflète l'élargissement du mouvement et sa diversité en termes d'origines politiques, de générations et de milieux d'intervention. Trois conditions sont néanmoins nécessaires pour permettre une base de coopération : il faut que les relations et les débats restent cordiaux et respectueux des points de vue différents ; il faut qu'il s'agisse bien d'un mouvement de solidarité et non pas d'un mouvement qui veuille se substituer aux Palestiniens et à leurs représentants légitimes ; il faut enfin que l'ensemble des composantes de ce mouvement, sans exception, se démarque sans équivoque de tout groupe ou personne qui défend des positions racistes, antisémites ou arabophobes, bref de tout ce qui, de près ou de loin, fonde l'opposition à la politique israélienne non sur la défense du droit mais sur des considérations qui appartiennent à la philosophie du choc des cultures et des guerres ethniques.
Au cours des deux dernières années, ces trois conditions ont été mises à mal par la CAPJPO(1) et Euro-Palestine, provoquant leur exclusion du Collectif national Palestine, en particulier pour leur attitude inadmissible envers la déléguée officielle de la Palestine en France, Mme Leïla Shahid. Pourtant, en ce qui me concerne c'est le troisième aspect qui me préoccupe le plus.
En effet, depuis quelques années, de petits groupes racistes et négationnistes menacent de parasiter le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Il est impératif de les exclure de notre mouvement et de nos rassemblements, et de créer un fossé infranchissable entre la juste cause que nous défendons, qui s'appuie sur le principe d'égalité, et ceux qui hiérarchisent les êtres humains en fonction de leur appartenance ethnique, confessionnelle ou culturelle. Cet impératif ne peut souffrir aucun compromis, aucun laisser-aller. Notre principe doit être celui de la tolérance zéro envers toute forme de racisme, qu'il soit anti-juif, anti-musulman, anti-noir ou anti-tzigane. Non pas pour ne pas prêter le flanc aux accusations des soi-disant « amis d'Israël » qui, eux, n'hésitent pas à se commettre avec des racistes notoires et à « comprendre le vote Le Pen », mais parce que la cause palestinienne est celle du droit et de l'égalité entre les peuples, et ne doit ni ne peut être assimilée, de près ou de loin, à des opinions racistes, antisémites ou négationnistes.
Au cours des deux dernières années, la CAPJPO n'a pas su prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l'imperméabilité du mur que nous voulons créer entre la solidarité avec les Palestiniens et toute une série de personnages défendant des positions antisémites et négationnistes. Certes, la grande majorité des adhérents et des sympathisants de cette organisation sont des hommes et des femmes dont nous ne doutons pas de l'intégrité morale et de la sincérité de leur dévouement au combat pour une paix juste en Palestine/Israël. Mais le refus de leur direction de faire le ménage dans les rangs de la CAPJPO et d'Euro-Palestine a rendu ces organisations infréquentables. La décision judicieuse de Politis de publier il y a trois semaines l'article de Robert Kissous, membre fondateur de la CAPJPO, a déjà eu un effet positif : la CAPJPO s'est publiquement démarquée de certains de ses ex-collaborateurs, et certains d'entre eux ont décidé de rompre avec la CAPJPO. C'est un pas dans la bonne direction, qu'il faut poursuivre avec intransigeance, jusqu'à l'éradication totale des abcès antisémites, qui, si on les ignore, risquent, à terme, de gangrener le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.
Il s'agit entres autres de cesser de surfer sur la confusion que l'on peut rencontrer auprès de certains jeunes Français des banlieues et des cités populaires et délaissées, qui amalgament leur colère légitime contre la politique israélienne dans les territoires occupés à une perception des juifs qui puise dans les poubelles de la propagande de l'extrême droite. Souvent, ces jeunes sont victimes de manipulations, que ce soit de la part de groupes néo-nazis ou de prédicateurs intégristes. Plutôt que de caresser ces préjugés et amalgames dans le sens du poil, il est important et possible de mener un travail de pédagogie auprès de ces jeunes.
C'est ce que Leïla Shahid, Dominique Vidal (2) et moi-même faisons depuis près de deux ans, en parcourant « la France d'en bas » et en dialoguant avec les jeunes des quartiers dits sensibles, avec pour but d'empêcher l'instrumentalisation de leur solidarité généreuse avec les Palestiniens pour des causes qui font du tort à la Palestine et à leurs propres intérêts. C'est ce que fait l'Union juive francaise pour la paix, avec l'ATMF, le Collectif des musulmans de France et d'autres associations, qui font passer ensemble, au sein d'une société où tout est fait pour pousser chacun dans sa tribu ou son clan, un message de coexistence et de combat commun pour le droit, ici comme en Israël/Palestine.
http://www.lescasquesbleuscitoyens.com
Mise en ligne le : 2004-11-11
Idée LCBC : Le gouvernement d'Israel et ses colons annexent la Palestine
La colonisation, substantifique moelle d'Ariel Sharon
Le 16 06 2003 Michel Warschawski,
La feuille de route établie par l'Union Européenne, la Russie, les Nations-Unies et les Etats-Unis, la nomination de M. Mahmud Abbas au poste de premier ministre suivie quelques semaines plus tard des sommets de Charm el-Cheikh et de Aqaba, tous deux chapeautés par le président américain George Bush semblaient faire renaître un espoir de paix au Proche Orient. Même si l'histoire de ce conflit nous avait jusqu'ici démontré qu'il était vain de se faire des illusions sur une résolution finale de ce conflit. Car, l'os du problème, à savoir une haine grassement nourrie par la colonisation, substantifique moelle d'Ariel Sharon et de ses prédécesseurs, n'a pas trouvé solution. Et il ne trouvera pas de solution tant que le 'front du refus israélo-américain' persistera. 'Je ne vois pas l'équipe de Bush qui est plus Likoud que le Likoud, qui s'identifie totalement à l'extrême droite de l'extrême droite du gouvernement israélien, faire pression sur Sharon pour que celui-ci accepte de geler la colonisation', nous a déclaré M. Michel Warschawski, le directeur du Centre Alternatif de Jérusalem. Pour ce fils de Rabbin parti dans les années soixante à Jérusalem par passion religieuse, les dés étaient pipés d'avance: 'Le gouvernement d'Ariel Sharon a été établi par des colons, élu par des colons et s'il est là, c'est pour défendre la colonisation comme priorité numéro un'.
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Mise en ligne le : 2005-05-05
Idée LCBC : Qui va faire la PAIX ? L'intervention internationale
Les Palestiniens sont tellement déséspérés qu'ils demandent que tout le monde vienne les aider
Le 04 02 2005 Michel Warschawski, paru dans Les Casques Bleus Citoyens
Question posée par LCBC lors du DÉBAT AVEC MICHEL WARSCHAWSKI SUR LA SITUATION PALESTINE/ISRAËL le Vendredi 04 02 2005 à la Mairie du 02EME Arrondissement de Paris : 'Face à la situation catastrophique que vous venez d'énoncer, (il ne restera effectivement que 9% des terres aux Palestiniens et Bantoustanisés de surcroît), face à une mobilisation importante en France (LCBC recense sur son site internet 300 événements en 2004 avec des centaines d'intervention de personnalités), face à tout cela que reste t'il à faire ? De notre coté (LCBC) nous proposons une intervention international, comment est perçue cette possibilité en Palestine ET en Israel (nous savons malheureusement que du coté israelien, même pour des groupes pacifistes, beaucoup serait véxés d'une telle 'ingérence').
Réponse de Michel Warschawski : ' Les Palestiniens sont tellement déséspérés qu'ils demandent que tout le monde vienne les aider, surtout les européens, MEME L'OTAN ils sont prêt à l’accepter [sic !] ‘. par contre Michel Warschawski ne nous répond pas sur le coté israelien de notre question. Après le débat nous lui redemandons : 'du coté israelien, AUCUN groupe , AUCUN mouvement ne s'engage sur ce thème, éventuellement quelques personnalités isolée'.
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Mise en ligne le : 2005-02-06
Idée LCBC : Qui va faire la PAIX ? Les accords de Genève
Leçons d'Oslo
Le 02 12 2003 Michel Warschawski,
Lanalyse de limpact de ces accords doit tenir compte de lexpérience des accords dOslo de 1993, qui semblaient aussi, promettre la paix, et de la désintégration de cette initiative dans la seconde moitié des années 90.
Beaucoup de ceux qui ont pensé que les accords dOslo produiraient une paix aussi juste que possible ont limité leurs analyses au texte seul, en soulignant que cet accord rencontrait les aspirations minimales du peuple palestinien. Bien que les accords dOslo naient jamais pu rencontrer ces aspirations, ils pourraient encore se révéler avoir été un modeste point de départ pour une paix israélo-palestinienne qui satisferait les principales aspirations des israéliens et des palestiniens (à Gaza et en Cisjordanie seulement) à condition que les palestiniens et les israéliens aient compris ce texte de la même manière et pourvu quils aient conduit les négociations en toute bonne foi.
Hélas, ce fut bien loin dêtre le cas.
Tandis que les négociateurs palestiniens paraissaient vraiment décidés à atteindre ce quils désignaient comme « un compromis historique » basé sur la résolution 242 du conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui signifiait de renoncer à rien moins que 78% de leur demande nationale initiale de toute la Palestine mandataire ? les politiciens israéliens utilisèrent le document dOslo pour conforter leur emprise coloniale sur les vies et la terre palestiniennes. A travers le « processus de paix » les colonies déjà existantes sétendaient, dautres colonies se construisirent, et le nombre de colons augmentait de plus de la moitié. Ces faits conduisent à une conclusion toute simple : le premier ministre Yitzhak Rabin et Shimon Peres voulaient depuis le début exploiter la balance assymétique des forces entre lEtat occupant dIsraël et la société palestinienne occupée, pour imposer à lautorité palestinienne une conception de la paix qui consisterait en une domination perpétuelle .
Nombre dobservateurs du processus de Genève ont fermé les yeux sur le fait que les années 90 en Israël ont essentiellement été une période gouvernée par le parti Travailliste et le Meretz, parti ami. Et non une période gouvernée par le Likoud et la droite ultra-nationaliste.
Entre lélection de Rabin en juin 1992 et la domination de Sharon sur lex premier ministre Ehud Barak en février 2001 il sest écoulé presque six ans au cours desquels cest le parti Travailliste et le Meretz qui étaient au pouvoir. Contrairement à des idées reçues alors, cest la gauche sioniste ? et non la droite ? qui est principalement responsable de la faillite du « processus de paix » dans les années 90. Depuis que les accords de Genève ont émergé, venant de lécole israélienne même qui a produit le processus dOslo, Beilin et ses acolytes auraient pu augmenter la vigueur politique de leur nouveau processus de Genève. Encore eût-il fallu quils reconnaissent publiquement leur faillite des années 90. Ils ne lont pas fait, négligeant une fois de plus de donner au public israélien une explication de lintifada différente de celle qui prévaut et veut que les palestiniens « ont choisi « la violence ».
En 1993 , au lieu de convaincre les israéliens quune ère nouvelle basée sur la coexistence pacifique et légalité allait commencer, les leaders de la coalition Labor-Meretz ont assis leur stratégie marketing uniquement sur la sécurité, la séparation davec les palestiniens et la continuité de la suprématie coloniale dIsraël. Le leadership Labor-Meretz na pas voulu assumer la responsabilité de tous les israéliens ni celle de lEtat pré- sioniste dans cent ans de conflit. A la place, ce leadership a consciencieusement lié le conflit, politiquement aussi bien que théoriquement au « terrorisme » palestinien et à son rejet historique permanent.
A écouter attentivement dimportantes personnalités israéliennes liées aux processus de Genève ? surtout quand elles parlent hébreu ? il est facilement perceptible quelles nont pas oublié, ni rien appris de leur propre faillite dOslo. En fait, la même conduite et les mêmes stratégies de marketing vis à vis de lopinion publique israélienne cousent linitiative du tissu des accords de Genève.
« Réalisme » et « Générosité »
Le texte des accords de Genève a peu de sens sorti du contexte politique et jounalistique à lintérieur desquels on est en train de le vendre au public israélien. Essentiellement, la véritable substance du processus est contenue dans lexégèse verbale et écrite qui environne le texte de laccord. Ce contexte explicatif sous-entend déjà le fiasco auquel semble promis ce texte dans un futur prochain.
Un article publié dans le Guardian par lun des plus âgés des participants israéliens au processus de Genève, le romancier et commentateur internationalement consacré, Amos Oz, illustre bien ce propos. Larticle dOz titré « Nous avons fait le GRUNTWORK de la paix » reposait sur un article en hébreu quil avait publié en Israël. Oz expliquait que les conversations de Genève différaient des contacts israélo-palestiniens précédents. Par exemple il ny a plus de discussion à propos « du droit au retour des réfugiés », mais en lieu et place, « une solution pour le problème des réfugiés ».
Il ny a plus de discussion sur « le retour aux frontières de 1967 » mais « une carte logique qui prend en compte le présent et pas simplement lhistoire ». Les innocents lecteurs peuvent en conclure que cette logique est intellectuellement le propre des seuls Sionistes de gauche et que les israéliens, contrairement aux palestiniens, nont jamais établi aucune de leurs revendications nationales sur lhistoire. Largument central du message dOz est le suivant : dans les accords de Genève, les palestiniens ont finalement choisi de se montrer « réalistes » et de renoncer non seulement à leur droit au retour, mais aussi à leurs revendications concernant un retour pur et simple aux frontières de 1967.
Gourou important du mouvement israélien « La Paix maintenant », Oz en remet une louche en répètant que lobstination des palestiniens a conduit aux échecs dOslo et du sommet de Camp David en 2000. Oz suggère que le camp israélien de la paix a finalement réussi à convaincre les palestiniens irrationnels quils devaient accepter les lignes rouges de la gauche israélienne. Ces lignes rouges, selon lun des proches dOz, représentent un énorme sacrifice de sa part puisquil est « prêt à abandonner rien moins quune partie de ma foi religieuse dans la mesure où je suis prêt à accepter, le c?ur brisé, la souveraineté palestinienne sur le mont du Temple ».
Plus loin, Oz a recours à un symbolisme de propagande identique, quand il déclare que « nous rendons la souveraineté dun certains nombre de lieux de la Terre dIsraël où gisent nos c?urs ».
Nayant pas capacité à lauto-critique, Oz conforte son propre pharisaïsme et confisque aux palestiniens la position de victimes en se représentant lui et Israël comme les vraies victimes. Il ne fait aucun effort pour comprendre les gigantesques sacrifices faits en contrepartie par les palestiniens. Sa prose renvoie aux idées qui sous-tendent loffre « généreuse » de Barak faite au chef de lautorité palestinienne, Yassers Arafat, à Camp David en juillet 2000.
Pour convaincre lopinion publique isrélienne, les israéliens du processus de Genève ont besoin de montrer ? du moins le croient-ils ? que les israéliens ont « gagné » et que les palestiniens ont « renoncé ». Le plus gros défaut de laccord de Genève cest quOz et ses compères ignorent complètement la notion essentielle des droits inaliénables humains et politiques du peuple palestinien comme ce fut le cas du processus dOslo. A la suite de Barak, Oz remplace la notion de droits par la notion de charité.- « Si nous leur avions offert en 1967 ce que nous leur offrons aujourdhui ?». Quand il ny a pas de place pour les droits et que le rapport des forces favorise si ouvertement loccupant illégal, lisraélien moyen lit ceci : Les palestiniens ont abandonné leur objectif de destruction (puisque pour Oz et le groupe de Genève «retour est le mot de code pour la destruction dIsraël ») si bien que nous, le camp de la paix israélien, avons décidé dêtre extrêmement généreux.
Systématiquement contreproductif
En dehors de toute appréciation morale, largumentation « marketing » contextuelle des participants israéliens à Genève est politiquement contre-productive en ce qui concerne le but à atteindre qui est dengendrer un changement dans lopinion publique israélienne. Si les droits politiques et les droits de lhomme nexistent pas et si le conflit résulte dune détermination irrationnelle des palestiniens à éradiquer les juifs, en quoi les israéliens vont-ils croire que les palestiniens peuvent changer ? Bien plus, si les palestiniens changent uniquement parce que le camp de la paix israélien a été assez coriace pour sentendre avec eux, alors pourquoi ne pas se montrer encore plus coriaces et les forcer à accepter la domination israélienne sans concession daucune sorte ?
Même les alchimistes politiques du calibre de ceux du groupe de Genève ne peuvent construire une confiance basée sur des mensonges : pour faire équipe avec lopinion publique israélienne certains des participants de Genève arguent que, cette fois, les palestiniens ont abandonné leur droit au retour. Une simple lecture de larticle 7 de laccord révèle que les participants palestiniens au processus de Genève sont certes prêts à faire de très remarquables concessions sur les droits des réfugiés palestiniens, mais ils ne sont pas allés aussi loin que labandon du « droit au retour » tel quétabli par la résolution 194 des Nations Unies en 1948, dautant quune telle démarche ruinerait complètement et instantanément leur légitimité aux yeux du public palestinien.
Ceux qui sintéressent à une paix durable ? une paix qui serait aussi juste que possible ? entre Israéliens et Palestiniens doivent dabord se poser la question suivante : pourquoi le groupe de Genève essaie-t-il dacheter lopinion publique israélienne en promotionnant lexact opposé de ce que leurs homologues palestiniens disent à leurs propres opinions publiques précisément si ce nest pour tirer partie de son soutien à linitiative commune ? Le résultat final du processus de Genève est garanti : faire éclater la différence entre les lectures israélienne et palestinienne et préparer une fois encore la scène des accusations israéliennes, très probablement relayées par les doyens du groupe de Genève eux-mêmes, accusations selon lesquelles les palestiniens ne sont que des menteurs.
Certains des participants israéliens les plus cyniques du processus de Genève savent parfaitement bien quil y a une contradiction explosive entre la lecture palestinienne de lagrément et la manière dont ils la vendent au public israélien. Ces israéliens semblent croire quune représentation viciée de la position palestinienne peut les aider à inciter les israéliens à ramener le parti travailliste au pouvoir, doù ils trouveront des moyens de renforcer cet « accord ».
Mais le parti Travailliste ne parviendra pas à regagner le pouvoir parce sa politique nest quune pale réplique des certitudes des partis de droite. La démission du dernier candidat au poste de premier ministre Amram Mitzna, en tant que chef du parti, couplé avec la démission des déçus du parti travailliste que sont Beilin et Yael Dayan pour former un nouveau parti social démocrate, témoignent de limpossibilité de réformer sérieusement le parti. Dans le domaine socio-économique le parti travailliste tient des positions néo-libérales identiques à celles du Likoud de Benjamin Netanyahu. En ce qui concerne le conflit israélo-arabe, les parlementaires du parti Travailliste, comme les généraux Benjamin Ben Eliezer, Efraim Sneh et Dany Yatom sont probablement pires que certains des députés du Likoud. La question pour lélecteur israélien moyen reste inchangée : à quoi bon voter pour une copie (le parti travailliste) quand on peut voter pour loriginal (le Likoud) ?
Ce qui devrait être fait
Sils sintéressent vraiment à une paix viable et durable pour leur peuple, les politiciens israéliens auront finalement besoin de présenter un accord de paix capable de gagner le soutien de ceux qui ne forment pas lélite palestinienne. A cet effet, lopinion publique israélienne devra développer une compréhension autrement plus réaliste de la dynamique socio-politique qui sous-tend le conflit israélo-arabe. Plutôt que de se focaliser sur telle ou telle clause du texte de laccord de Genève, les israéliens qui désirent obtenir une paix juste et durable doivent immédiatement se concentrer sur ses franches explications verbales et écrites, nécessaires pour permettre à ces interprétations dêtre constructives.
En premier lieu, les israéliens critiques doivent dire au public israélien que le conflit nest pas le résultat du terrorisme palestinien ou du fanatisme, mais bien le résultat de la dépossession et de loccupation israéliennes ; la responsabilité dIsraël dans le conflit doit être établie par les israéliens. Les droits essentiels, humains et politiques des palestiniens que dénie la politique doccupation et de colonisation israélienne doivent être inscrits dans tout accord destiné à aboutir à une paix juste. Il doit être clair pour le public israélien que la seule « offre généreuse » à lintérieur de larène israélo-palestinienne est celle de lacceptation de ces palestiniens qui ont renoncé à 78 pour cent de leur revendications sur leur foyer historique.
Le droit au retour est un droit humain essentiel. Que certains palestiniens soient prêts à en faire un objet de négociation, prenant en considération les angoisses démographiques dIsraël, doit être compris comme une offre généreuse de plus de la part des palestiniens.
Les israéliens critiques doivent demander à leurs concitoyens - y compris le groupe de Genève ? comment ils sy prendront pour demander aux palestiniens de renoncer au droit du retour avant quIsraël ait reconnu sa simple existence ?
Ce quon attend à lavenir des israéliens critiques ? et in fine des hommes politiques israéliens ? cest de soutenir avec force la notion positive de paix basée sur la coexistence et légalité entre les hommes. La notion de paix qui doit être catégoriquement rejetée non seulement parce que cest une faillite morale, mais parce que ça na aucune chance de marcher, cest la notion dOz et de ses compères de Genève qui comprennent le mot « paix » comme un moyen pour rejeter les palestiniens de lautre côté dun mur, et pour considérer les palestiniens comme un danger existentiel.
Comme ce fut le cas avec les accords dOslo de 1993, dans les accords de Genève le contexte est bien loin dêtre plus important que le texte, et cest toujours comme ça quand lopinion israélienne est concernée.
(traduction de Carole Sandrel) Transmis par Groupe UjfpSud (F. BARTHEZ) : UJFPsud@yahoogroupes.fr
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Mise en ligne le : 2003-12-02

 

Présent aux Evénements (non exhaustif) :

- Le 15 03 2005, de à LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN ET SES REPERCUSSIONS EN FRANCE (NANCY),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
Leila Chahid,Michel Warschawski,

- Le 04 02 2005, de à DEBAT AVEC MICHEL WARSCHAWSKI SUR LA SITUATION PALESTINE/ISRAEL (PARIS),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
Un Caravanier,Jacques Boutault,Michel Warschawski,

- Le 15 11 2003, de à MANIFESTATION-PARADE DU FSE (PARIS),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
Un Casque Bleu Citoyen,Alain LIPIETZ,Alima BOUMEDIENE-THIERY,ANDREAS PILARTZ,Arielle DENIS,Denis Sieffert,Gilles Lemaire,Jacques Boutault,Jean Ridoux,Michel Warschawski,Michel Tubiana,Michel Bourgain,Nahla Chahal,NOEL MAMERE,Simone Bernier,Yves Renoux,

- Le 14 11 2003, de à FSE PLENIERE 037 7 POUR LES DROITS NATIONAUX DU PEUPLE PALESTINIEN (PARIS),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
ANDREAS PILARTZ,Bernard Ravenel,Claude LEOSTIC,Faty KOUMBA,Michel Warschawski,Michel Tubiana,Mustafa Barghouti,Nahla Chahal,

- Le 27 06 2003, de à APARTHEID OU COEXISTENCE (SAINT-DENIS),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
Michel Warschawski,

- Le 25 06 2003, de à QUEL AVENIR POUR LA FEUILLE DE ROUTE (SAINT-DENIS),

Personnalités Présentes (non exhaustif) :
Michel Warschawski,

 

Les Actions (non exhaustif) :

sanctions-boycott :
L'application de sanctions contre un Etat qui bafoue le droit et viole les résolutions de l'ONU [universités]
Le 22 01 2003 Michel Warschawski,
L'application de sanctions contre un Etat qui bafoue le droit et viole les résolutions de l'ONU n'est pas seulement un acte de justice envers ses victimes. C'est aussi un moyen de lui imposer des limites et rappeler la différence entre le bien et mal, pour parler comme George W Bush, entre la loi et ce qui est hors la loi.
C'est ce qu'a compris le Parlement européen quand il votait, à une très large majorité et toutes tendances confondues, le projet, soumis par le groupe parlementaire de la Gauche unitaire européenne, de suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Cette résolution ne doit pas être comprise uniquement comme l'application stricte de l'accord qui stipule le respect des droits de la personne par les bénéficiaires de cette coopération, mais comme un rappel à un principe élémentaire : il n'y a pas de droits sans devoirs, il n'y a pas de privilèges pour qui se situe hors la loi. Des dizaines de résolutions du Parlement européen sont systématiquement violées par l'Etat d'Israël, de nombreuses demandes de l'Union européenne sont cyniquement ignorées par son gouvernement : pourquoi l'Europe devrait alors continuer à donner un statut commercial privilégié à qui ne cesse de répéter que seuls les Etats-Unis comptent dans l'arène internationale ?
L'exécutif européen reste, dans le mécanisme consensuel qui le régit pour l'instant, l'otage d'une minorité de pays qui refusent toute forme de pression sur l'Etat d'Israël. C'est donc au tour des Etats membres de prendre leurs responsabilités, et de traduire par des actes forts et responsables leurs propres déclarations de principe, ainsi d'ailleurs que le vote du Parlement. Et si les Etats tergiversent, c'est aux citoyens de jouer, comme l'ont montré les enseignants de l'université Paris-VI [appel pour la suspension d'accords qui donnaient des privilèges aux institutions de recherche israéliennes]. Ce faisant, ils n'appliquent pas seulement la décision démocratique des élus européens, mais font preuve d'un engagement citoyen et de responsabilité envers tous les protagonistes du conflit qui déchire le Moyen-Orient. Il faut le dire et le répéter : des sanctions contre Israël ne sont pas un acte hostile envers le peuple israélien, mais au contraire, l'expression d'un sens de la responsabilité envers un Etat qui devient victime de sa puissance. Et de son impunité.[...]
http://www.lescasquesbleuscitoyens.com
Mise en ligne le : 2005-02-04

 

Les Oeuvres (non exhaustif) : (voir les autres auteurs)

 

Histoire : (voir les autres dates historiques)