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Edgar Morin - Philosophe - , FRANCE Pas encore contacté par LCBC, Né le 8 juillet 1921, à Paris, dans une famille juive émigrée de Salonique. Résistant, Adhère au Parti communiste français en 1942. S'éloigne dès 1948 et est exclu en 1951. Sociologue. Se définit comme un "braconnier des savoirs". Entre au CNRS en 1950. Vingt ans plus tard, il est directeur de recherche. Enseigne aux Etats-Unis et en Amérique latine.
Sympathisant(e) ou membre de : Comité international pour la défense d' Azmi BISHARA,Pour les droits des prisonniers politiques palestiniens,Trop, c'est trop, Idées + Actions : idées, L'imputation d'antisémitisme, dans ces cas, n'a pas d'autre sens que de protéger Tsahal et Israël de toute critique (19 02 2004) idées, Une force d'interposition entre les deux parties qui serait la seule solution réelle (19 02 2004) idées, Proche-Orient : la paix est dans la rupture (29 09 2003) idées, Sharon a prétendu lutter pour la survie d'Israël en opprimant et asphyxiant la population palestinienne (04 06 2002) idées, Une sinistre farce consiste à demander à Arafat d'empêcher les attentats tout en l'empêchant d'agir (04 06 2002) idées, Le cancer israélo-palestinien est en cours de métastases dans le monde. (04 06 2002) idées, l'ONU sera-t'elle capable de décider d'une force d'interposition ? (04 06 2002) idées, Une puissance impériale dominatrice par l'armement et par l'économie (22 11 2001) Info sur le Web (Google)Idée LCBC : Importation des conflits en France
L'imputation d'antisémitisme, dans ces cas, n'a pas d'autre sens que de protéger Tsahal et Israël de toute critique Le 19 02 2004 Edgar Morin, paru dans Le Monde Extrait de l'article : 'Antisémitisme, antijudaïsme, anti-israélisme'
Il y a des mots qu'il faut réinterroger ; ainsi le mot antisémitisme. En
effet, ce mot a remplacé l'antijudaïsme chrétien, lequel concevait les
juifs comme porteurs d'une religion coupable d'avoir condamné Jésus,
c'est-à-dire, si absurde que soit l'expression pour ce Dieu ressuscité,
coupable de déicide.
L'antisémitisme, lui, est né du racisme et conçoit les juifs comme
ressortissants d'une race inférieure ou perverse, la race sémite. A
partir du moment où l'antijudaïsme s'est développé dans le monde arabe, lui-même
sémite, l'expression devient aberrante et il faut revenir à l'idée
d'antijudaïsme, sans référence désormais au 'déicide'.
Il y a des mots qu'il faut distinguer, comme l'antisionisme de
l'anti-israélisme, ce qui n'empêche pas qu'il s'opère des glissements de
sens des uns aux autres. En effet, l'antisionisme dénie non seulement
l'installation juive en Palestine, mais essentiellement l'existence
d'Israël comme nation. Il méconnaît que le sionisme, au siècle des
nationalismes, correspond à l'aspiration d'innombrables juifs, rejetés
des nations, à constituer leur nation.
Israël est la concrétisation nationale du mouvement sioniste.
L'anti-israélisme a deux formes ; la première conteste l'installation
d'Israël sur des terres arabes, se confond avec l'antisionisme, mais en
reconnaissant implicitement l'existence de la nation israélienne. La
seconde est partie d'une critique politique devenant globale de
l'attitude du pouvoir israélien face aux Palestiniens et face aux résolutions de
l'ONU qui demandent le retour d'Israël aux frontières de 1967.
Comme Israël est un Etat juif, et comme une grande partie des juifs de la
diaspora, se sentant solidaires d'Israël, justifient ses actes et sa
politique, il s'opéra alors des glissements de l'anti-israélisme à
l'antijudaïsme. Ces glissements sont particulièrement importants dans le
monde arabe et plus largement musulman où l'antisionisme et
l'anti-israélisme vont produire un antijudaïsme généralisé.
Y a-t-il un antijudaïsme français qui serait comme l'héritage, la
continuation ou la persistance du vieil antijudaïsme chrétien et du vieil
antisémitisme européen ? C'est la thèse officielle israélienne, reprise
par les institutions dites communautaires et certains intellectuels juifs.
Or il faut considérer que, après la collaboration des antisémites
français avec l'occupant hitlérien, puis la découverte de l'horreur du génocide
nazi, il y eut affaiblissement par déconsidération du vieil antisémitisme
nationaliste-raciste ; il y eut, parallèlement, suite à l'évolution de
l'Eglise catholique, dépérissement de l'antijudaïsme chrétien qui faisait
du juif un déicide, puis l'abandon de cette imputation grotesque. Certes,
il demeure des foyers où l'ancien antisémitisme se trouve ravivé, des
résidus des représentations négatives attachées aux juifs restés vivaces
dans différentes parties de la population ; il persiste enfin dans
l'inconscient français des vestiges ou des racines de 'l'inquiétante
étrangeté' du juif, ce dont a témoigné l'enquête La Rumeur d'Orléans
(1969) dont je suis l'auteur.
Mais les critiques de la répression israélienne, voire l'anti-israélisme
lui-même ne sont pas les produits du vieil antijudaïsme.
On peut même dire qu'il y eut en France, à partir de sa création
accompagnée de menaces mortelles, une attitude globalement favorable à
Israël. Celui-ci a été d'abord perçu comme nation-refuge de victimes
d'une horrible persécution, méritant une sollicitude particulière. Il a été, en
même temps, perçu comme une nation exemplaire dans son esprit
communautaire incarné par le kibboutz, dans son énergie créatrice d'une nation moderne,
unique dans sa démocratie au Moyen-Orient. Ajoutons que bien des
sentiments racistes se sont détournés des juifs pour se fixer sur les Arabes,
notamment pendant la guerre d'Algérie, ce qui a bonifié davantage l'image
d'Israël.
La vision bienveillante d'Israël se transforma progressivement à partir
de 1967, c'est-à-dire l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza, puis avec
la résistance palestinienne, puis avec la première Intifada, où une
puissante armée s'employa à réprimer une révolte de pierres, puis avec la seconde
Intifada qui fut réprimée par violences et exactions disproportionnées.
Israël fut de plus en plus perçu comme Etat conquérant et oppresseur. La
formule gaullienne dénoncée comme antisémite, 'peuple dominateur et sûr
de lui', devint truisme. La poursuite des colonisations qui grignotent sans
cesse les territoires palestiniens, la répression sans pitié, le
spectacle des souffrances endurées par le peuple palestinien, tout cela détermina
une attitude globalement négative à l'égard de la politique de l'Etat
israélien, et suscita un anti-israélisme dans le sens politique que nous
avons donné à ce terme. C'est bien la politique d'Israël qui a suscité et
amplifié cette forme d'anti-israélisme, et non la résurgence de
l'antisémitisme européen. Mais cet anti-israélisme a très peu dérivé en
antijudaïsme dans l'opinion française.
Par contre, la répression israélienne et le déni israélien des droits
palestiniens produisent et accroissent les glissements de
l'anti-israélisme vers l'antijudaïsme dans le monde islamique. Plus les juifs de la
diaspora s'identifient à Israël, plus on identifie Israël aux juifs, plus
l'anti-israélisme devient antijudaïsme. Ce nouvel antijudaïsme musulman
reprend les thèmes de l'arsenal antijuif européen (complot juif pour
dominer le monde, race ignoble) qui criminalise les juifs dans leur
ensemble. Cet antijudaïsme s'est répandu et aggravé, avec l'aggravation
même du conflit israélo-palestinien, dans la population française
d'origine arabe et singulièrement dans la jeunesse.
De fait, il y a non pas pseudo-réveil de l'antisémitisme européen, mais
développement d'un antijudaïsme arabe. Or, plutôt que reconnaître la
cause de cet antijudaïsme arabe, qui est au cour de la tragédie du
Moyen-Orient, les autorités israéliennes, les institutions communautaires et certains
intellectuels juifs préfèrent y voir la preuve de la persistance ou
renaissance d'un indéracinable antisémitisme européen.
Dans cette logique, toute critique d'Israël apparaît comme antisémite. Du
coup, beaucoup de juifs se sentent persécutés dans et par cette critique.
Ils sont effectivement dégradés dans l'image d'eux-mêmes comme dans
l'image d'Israël qu'ils ont incorporée à leur identité. Ils se sont identifiés à
une image de persécutés ; la Shoah est devenue le terme qui établit à
jamais leur statut de victimes, de gentils ; leur conscience historique
de persécutés repousse avec indignation l'image répressive de Tsahal que
donne la télévision. Cette image est aussitôt remplacée dans leur esprit par
celle des victimes des kamikazes du Hamas, qu'ils identifient à
l'ensemble des Palestiniens. Ils se sont identifiés à une image idéale d'Israël,
certes seule démocratie dans un entourage de dictatures, mais démocratie
limitée, et qui, comme l'ont fait bien d'autres démocraties, peut avoir
une politique coloniale détestable. Ils se sont assimilés avec bonheur à
l'interprétation bibliquement idéalisée qu'Israël est un peuple de
prêtres.
Ceux qui sont solidaires inconditionnellement d'Israël se sentent
persécutés intérieurement par la dénaturation de l'image idéale d'Israël.
Ce sentiment de persécution leur masque évidemment le caractère
persécuteur de la politique israélienne.
Une dialectique infernale est en oeuvre. L'anti-israélisme accroît la
solidarité entre juifs de la diaspora et Israël. Israël lui-même veut
montrer aux juifs de la diaspora que le vieil antijudaïsme européen est à
nouveau virulent, que la seule patrie des juifs est Israël, et par là
même a besoin d'exacerber la crainte des juifs et leur identification à
Israël.
Ainsi les institutions des juifs de la diaspora entretiennent l'illusion
que l'antisémitisme européen est de retour, là où il s'agit de paroles,
d'actes ou d'attaques émanant d'une jeunesse d'origine islamique issue de
l'immigration. Mais, comme dans cette logique, toute critique d'Israël
est antisémite, il apparaît aux justificateurs d'Israël que la critique
d'Israël, qui se manifeste de façon du reste fort modérée dans tous les
secteurs d'opinion, apparaît comme une extension de l'antisémitisme. Et
tout cela, répétons-le, sert à la fois à occulter la répression
israélienne, à israéliser davantage les juifs, et à fournir à Israël la
justification absolue. L'imputation d'antisémitisme, dans ces cas, n'a
pas d'autre sens que de protéger Tsahal et Israël de toute critique.[...] | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2004-02-23 Le cancer israélo-palestinien est en cours de métastases dans le monde. Le 04 06 2002 Edgar Morin, paru dans Le Monde [...]Une nouvelle vague d'antijudaisme, issue du cancer israélo-palestinien s'est propagée dans tout le monde arabo-islamique, et une rumeur planétaire attribue même la destruction des deux tours de Manhattan à une ruse judéo-américaine pour justifier la répression contre le monde islamique.
De leur côté, les israéliens voisins crient ' mort aux arabes ' après un attentat. Un anti-arabisme se répand dans le monde juif. Les instances ' communautaires ' qui s'autoproclament représentantes des juifs dans les pays occidentaux tendent à refermer le monde juif sur lui-même dans une fidélité inconditionnelle à'Israël.
La dialectique des deux haines s'entretenant l'une l'autre, celle des deux mépris, le mépris du dominant israélien sur l'arabe colonisé, mais aussi le nouveau mépris anti-juif nourri de tous les ingrédients de l'antisémitisme européen classique, cette dialectique est en cours d'exportation
Avec l'aggravation de la situation en Israël-Palestine la double intoxication, l'antijuive et la judéocentrique, va se développer partout où coexistent populations juives et musulmanes. Le cancer israélo-palestinien est en cours de métastases dans le monde.
Le cas français est significatif. En dépit de la guerre d'Algérie et de ses séquelles, en dépit de la guerre d'Irak, et en dépit du cancer israélo-palestinien, juifs et musulmans coexistent en paix en France. Cependant une ségrégation commence. Une ranc?ur sourde contre les juifs identifiés à Israël couvait dans la jeunesse d'origine maghrébine. De leur côté, les institutions juives dites communautaires entretenaient l'exception juive au sein de la nation française et la solidarité inconditionnelle à Israël.
C'est l'impitoyable répression, menée par Sharon, qui a fait passer l'anti-judaïsme mental à l'acte le plus virulent de haine, l'atteinte au sacré de la synagogue et des tombes. Mais cela conforte la stratégie du Likoud : démontrer que les juifs ne sont pas chez eux en France, que l'antisémitisme est de retour, les inciter à partir en Israël. Ne devons-nous pas au contraire mobiliser l'idée française de citoyenneté comme pouvoir de fraternisation entre musulmans et juifs ?
[...] | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25 Idée LCBC : Le gouvernement d'Israel est, aujourd'hui, dangeureux et hors la loi
Sharon a prétendu lutter pour la survie d'Israël en opprimant et asphyxiant la population palestinienne Le 04 06 2002 Edgar Morin, paru dans Le Monde Dans l'opprimé d'hier l'oppresseur de demain disait Victor Hugo. Israël se présente comme le porte-parole des juifs victimes d'une persécution multiséculaire jusqu'à la tentative d'extermination nazie. Sa naissance attaquée par ses voisins arabes a failli être sa mort. Depuis a naissance, Israël est devenu une formidable puissance régionale, bénéficiant de l'appui des Etats-unis, dotée de l'arme nucléaire.
Et pourtant Sharon a prétendu lutter pour la survie d'Israël en opprimant et asphyxiant la population palestinienne, en détruisant des écoles archives, cadastres, éventrant des maisons, brisant des canalisations et procédant à Jenine à un carnage dont il interdit de connaître l'ampleur. L'argument de la survie n'a pu jouer qu'en ressuscitant chez les israéliens les angoisses de 1948, le spectre d'Auschwitz, et donnant à un passé aboli une présence hallucinatoire. Ainsi la nouvelle Intifada a réveillé une angoisse qui a amené au pouvoir le reconquistador Sharon.
En fait Sharon compromet les chances de survie d'Israël dans le Moyen-Orient en croyant assurer dans l'immédiat la sécurité israélienne par la terreur. Sharon ignore que le triomphe d'aujourd'hui prépare le suicide de demain. A court terme, le Hamas fait la politique de Sharon, mais à moyen terme, c'est Sharon qui fait la politique du Hamas.
Si, en deçà d'un certain seuil, l'Intifada a poussé Israël à négocier, au-delà elle a ranimé l'angoisse de la proie, exaspérée par les attentats suicides, et la répression impitoyable semble une juste réponse à la menace. Si rien ne l'arrête de l'extérieur, l'Israël de Sharon va au minimum vers la bantoustandisation des territoires palestiniens morcelés.
| | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25 Idée LCBC : Les Etats-Unis sont dangeureux et hors la loi
Une puissance impériale dominatrice par l'armement et par l'économie Le 22 11 2001 Edgar Morin, paru dans Le Monde Mais ils constituent une puissance impériale dominatrice par l'armement et par l'économie. Leur démocratie ne les empêche nullement de soutenir des dictatures quand leur intérêt le commande. Leur humanisme comporte une tache aveugle d'inhumanité : ils ont pratiqué des bombardements de terreur sur les villes allemandes, puis les hécatombes de Hiroshima et Nagasaki. Les bombardements continus de l'Afghanistan révèlent un autre terrorisme frappant des populations civiles victimes, non seulement de bombes ou de missiles lancés de trop haut et de trop loin, mais de la peur et de la famine qui les contraint à l'exode. Sensibles à la souffrance des 5 000 victimes du World Trade Center, ils sont insensibles aux désastres humains que leurs bombardements infligent aux populations afghanes. Ils sont inconscients de la contradiction que comporte la terreur de leurs bombardements antiterroristes. | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25 Idée LCBC : Qui va faire la PAIX ? L'ONU démocratique
Une force d'interposition entre les deux parties qui serait la seule solution réelle Le 19 02 2004 Edgar Morin, paru dans Le Monde Extrait de l'article : 'Antisémitisme, antijudaïsme, anti-israélisme' [...]
Avec l'aggravation de la situation en Israël-Palestine, la double
intoxication, l'antijuive et la judéocentrique [soutient incoditionnel à l'état d'israel], va se développer partout
où coexistent populations juives et musulmanes. [...]
Y a-t-il une issue ?
L'issue serait effectivement dans l'inversion de la tendance :
c'est-à-dire la diminution de l'antijudaïsme par une solution équitable de la question
palestinienne et une politique équitable de l'Occident pour le monde
arabo-musulman. C'est bien une intervention au niveau international,
comportant sans doute une force d'interposition entre les deux parties,
qui serait la seule solution réelle. Mais cette solution réelle, et de plus,
réaliste, est aujourd'hui totalement irréaliste. Que de tragédies encore,
que de désastres en perspective, si l'on n'arrive pas à faire entrer le
réalisme dans le réel. | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2004-02-23 Proche-Orient : la paix est dans la rupture Le 29 09 2003 Edgar Morin, paru dans Libération par Yézékiel Ben-Ari, Edgar Morin, Véronique Nahoum-Grappe et François Tanguy
Pour régler le conflit israélo-palestinien, voici le plan de séparation que l'ONU devrait mettre en oeuvre.
A l'évidence, la «feuille de route» comme les accords d'Oslo agonisent. Etant donné la haine et la méfiance entre les deux peuples, le projet d'un Etat binational dans le territoire de la Palestine de 1948 est illusoire. Tout aussi illusoires sont les différents plans car ils impliquent tous un statu quo suivi d'un retrait partiel des colonies et des négociations sur le tracé définitif, offrant ainsi de nombreuses occasions aux extrémistes des deux bords de faire parler la poudre et interdire son application. Une internationalisation du conflit et la séparation des deux parties sont par conséquent la seule solution viable au conflit (cf. Elie Barnavi, Marianne, septembre 2003).
Nous proposons un plan de paix basé sur le principe d'une séparation complète sans négociations directes et un retour immédiat aux frontières du 6 juin 1967 avec une force d'interposition des Nations unies placée le long de la frontière de 1967. Pendant la période intérimaire limitée à deux ans , l'autorité palestinienne transfère ses pouvoirs à un gouverneur nommé par les Nations unies qui a pour charge en plus du commandement de la force d'interposition l'application d'un plan Marshall pour la Palestine. Ce plan est piloté par les pays du quartet et en particulier par l'UE que des liens équilibrés avec les deux parties et l'échec de l'approche américaine embourbée en Irak offrent une occasion unique de réinvestir une région et d'affirmer sa politique.
La démission de l'autorité palestinienne élue démocratiquement est injuste. Elle est cependant nécessaire car elle garantit aux Palestiniens la création d'un Etat viable sur tous les territoires occupés depuis 1967et permet d'obtenir les soutiens financiers pour la reconstruction de la Palestine. En ce qui concerne les Israéliens opposés de toujours à l'internationalisation du conflit , il est temps enfin d'adopter des mesures coercitives : en cas de refus, le blocage par l'UE de toutes les relations, y compris économiques, accompagné d'un embargo et l'inclusion des crimes commis pendant le conflit dans le cadre de poursuites devant les cours de justice internationales. Une attitude ferme aura un effet bénéfique sur une opinion publique en train de se rendre compte combien la politique de Sharon est un échec et représente à terme un risque pour la survie de l'Etat (cf. l'article de A. Burg, le Monde du 11 septembre).
L'assemblée des Nations unies vote la résolution suivante.
- Volet juridique
Article 1 : L'autorité palestinienne est dissoute et ses pouvoirs exécutifs sont transférés pour une durée de deux ans à un gouverneur nommé par le secrétaire général des Nations unies, sur proposition des membres permanents du Conseil de sécurité. Le président Arafat et les membres de son gouvernement recevront l'aide et la protection du gouverneur général pendant cette durée.
Article 2 : Le gouverneur commande les forces d'interposition, contrôle les finances, bat monnaie et possède les pouvoirs financiers et économiques y compris réception des dons attribués par les Etats et organisations caritatives et onusiennes (UNRWA, etc.). Il contrôle la police et nomme des représentants auprès d'organes de gestion et de gouvernement local. Cependant, les maires élus conservent leur pouvoir jusqu'à la prochaine élection.
Article 3 : Une assemblée constituante représentative composée de membres du parlement palestinien, de personnalités compétentes et de personnalités civiles palestiniennes de la diaspora est nommée par le secrétaire général des Nations unies six mois après le début d'application de cet accord. Elle fera une proposition d'organisation d'un Etat palestinien au plus tard dix-huit mois après le début de l'application de cet accord.
Article 4 : Des élections générales sont organisées sous l'égide des Nations unies, dix-huit mois après l'entrée en vigueur de ce plan. Elles aboutissent à l'élection des organes de gouvernement de l'Etat palestinien qui prend fonction six mois plus tard à la date d'expiration du mandat du gouverneur. Toutes les personnes vivant en Palestine ou ayant quitté le territoire depuis la guerre des Six Jours pourront voter et sont éligibles à ces institutions.
- Volets militaires et territoriaux
Article 1 : Les forces israéliennes quittent les territoires occupés depuis 1967 dans les six mois qui suivent l'adoption de cette résolution. Ces forces ne pourront en aucun cas intervenir en territoire palestinien quelle qu'en soit la cause. Les installations construites par Israël routes, bâtiments, camps militaires etc. sont cédées en l'état aux autorités de transition.
Article 2 : Une force d'interposition est placée sur la ligne de démarcation du 6 juin 1967. Ces forces de l'ordre de 10 000 soldats et officiers ont pour tâche principale d'interdire, y compris par l'usage de la force, tout passage entre des deux entités. Elle est placée sous commandement de l'UE avec la participation des Etats-Unis et des autres membres du quartet. Les forces israéliennes peuvent prendre toute disposition y compris la construction de murs et le placement de forces militaires afin de verrouiller la frontière à la condition expresse que ces éléments soit placés à l'intérieur des frontières de l'Etat d'Israël celles du 5 juin 1967.
Article 3 : Toutes les colonies israéliennes sont transférées à l'intérieur du territoire israélien au plus tard six mois après l'adoption de cette résolution.
Article 4 : Pendant la phase de transition, Jérusalem, y compris la partie Est, reste sous l'autorité d'Israël. Des propositions pour le statut définitif de la ville sont faites par une commission nommée à cet effet par le secrétaire général des Nations unies. Le principe est que cette ville doit rester unie avec les autorités centrales des deux Etats. Si les Israéliens refusent, la ville est partagée le long de la frontière de 1967. L'annexion de la partie Est de la ville par Israël qui n'a d'ailleurs pas été reconnue par la quasi-totalité des nations est nulle et non avenue ainsi que les confiscations de biens et terres par Israël depuis 1967.
Article 5 : Les forces de police palestinienne, composées notamment des policiers de l'actuelle autorité, sont placées sous l'autorité du gouverneur qui nomme des officiers y compris à partir d'éléments extérieurs.
Article 6 : Une amnistie générale est décrétée pour les personnes condamnées pour des délits liés au conflit y compris délits de sang. Les prisonniers détenus en Israël sont remis aux mains de l'autorité du gouverneur. De la même façon, les militaires israéliens ne sauraient être poursuivis pour faits liés au conflit et antérieurs à la signature de cet accord.
Article 7 : Un plan de démilitarisation est prévu dans l'accord. Il s'attache notamment une limitation de la future armée palestinienne en interdisant pendant vingt ans la possession d'armées de l'air et de mer et une limitation du nombre de chars d'assaut.
- Volet économique
Article 1 : Un plan type Marshall est décrété afin de reconstruire la Palestine. Il est doté d'un fonds conjoncturel de l'ordre de 10 milliards d'euros provenant des pays les plus riches (Club des 7, UE, Etats-Unis, etc.), des banques mondiales et des pays arabes. Ces fonds sont gérés par le gouverneur de la Palestine et affectés tant à la reconstruction des infrastructures routes, hôpitaux, port et aéroport que des maisons détruites par les combats. Les travaux de construction sont effectués par des ouvriers et techniciens palestiniens afin de faire redémarrer l'économie palestinienne.
Article 2 : Dans le même souci, l'UE, les Etats-Unis, le Japon et les pays arabes limitrophes acceptent de détaxer totalement les produits palestiniens pour une durée de deux ans à partir de la signature de ces accords.
Article 3 : Le fonds spécial dédommage les colons israéliens pour leurs propriétés à concurrence de 25 000 euros maximum à la condition que celles-ci soient laissées en bon état. Cette somme s'ajoute à celles qui peuvent être attribuées par les autorités israéliennes.
Article 4 : Les appartements et maisons laissées par les colons sont distribués par une commission nommée par le gouverneur notamment au profit de familles endeuillées par la disparition d'un membre pendant la guerre.
- Autres aspects
Article 1 : A la fin de la période intérimaire, les nouvelles autorités palestiniennes récupèrent leurs droits régaliens et peuvent adopter une loi du retour pour les réfugiés.
Article 2 : Un dédommagement est proposé aux réfugiés palestiniens et/ou à leurs descendants qui ont quitté la Palestine lors des guerres précédentes et notamment celle de 1948. Un budget financé par les donations des organismes et Etats riches qui garantissent l'application de cet accord est créé et géré par une commission nommée par le secrétaire général des Nations unies. L'Etat d'Israël reconnaît une part de responsabilité dans l'expulsion de Palestiniens en 1948 et participe au fonds spécial à concurrence de 10 % de la totalité de la somme fixée par les Nations unies .
[- Contact : ben-ari@inmed.univ-mrs.fr]
| | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25 l'ONU sera-t'elle capable de décider d'une force d'interposition ? Le 04 06 2002 Edgar Morin, paru dans Le Monde [...]Y a-t-il une issue ? Une haine apparemment inextinguible est au fond du c?ur de presque tous les palestiniens et comporte le souhait de faire disparaître Israël ; chez les israéliens, le mépris est de plus en plus haineux, et également semble inextinguible. Mais la haine séculaire entre Français et Allemands, aggravée par la seconde guerre mondiale, a pu se volatiliser en vingt années. De grands gestes de reconnaissance de la dignité de l'autre peuvent, surtout en Méditerranée, changer la situation. Des sémites (n'oublions pas que plus de 40 % des israéliens d'aujourd'hui viennent de pays arabes) peuvent bien un jour reconnaître leur identité cousine, leur langue voisine, leur Dieu commun,
L'énormité de la punition qui s'abat sur un peuple coupable d'aspirer à sa libération vont-il enfin provoquer une réaction dans le monde, autres que de timides objurgations ? l'ONU sera-t'elle capable de décider d'une force d'interposition ? Sharon ne peut qu'être contraint à renoncer à sa politique.
[...] | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25 Idée LCBC : Qui va faire la PAIX ? Les Palestiniens
Une sinistre farce consiste à demander à Arafat d'empêcher les attentats tout en l'empêchant d'agir Le 04 06 2002 Edgar Morin, paru dans Le Monde [...]La fausse symétrie met sur le même plan les deux camps, alors que l'un fait la guerre à l'autre qui n'a pas les moyens de la faire et n'oppose que des actes sporadiques de résistance ou de terrorisme. De même il y a fausse symétrie entre Sharon et Arafat, l'un maître d'une formidable puissance, capable de défier les Nations Unies et les objurgations (certes molles) des Etats-Unis, l'autre de plus en plus impuissant dans la séquestration dont il est victime. Une sinistre farce consiste à demander à Arafat d'empêcher les attentats tout en l'empêchant d'agir,
[...] | | | http://www.lescasquesbleuscitoyens.com Mise en ligne le : 2003-11-25
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Présent aux Evénements (non exhaustif) :
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Les Actions (non exhaustif) :
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Les Oeuvres (non exhaustif) : (voir les autres auteurs)
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Histoire : (voir les autres dates historiques)
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