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Michel Collon - Journaliste - , BELGIQUE
Date du 1er contact avec LCBC :2003-06-25,
spécialiste des stratégies de guerre
Pour développer un journalisme alternatif, à la base, il donne régulièrement des formations à des non-professionnels.
Auteur des livres : attention médias, poker menteur, monopoly (édition EPO)



Sympathisant(e) ou membre de : Appel à la conférence internationale de solidarité avec le peuple irakien en lutte,Solidaire (PTB),STOP USA,
Idées + Actions :
idées, Ils ne savaient pas [les faucons] (17 05 2004)
idées, A bas le Mur!, vive le Mur ? (28 04 2004)
idées, WASHINGTON A TROUVE LA SOLUTION : Divisons l'Irak comme la Yougoslavie! (25 11 2003)
missions civiles,(BAGDAD) Irak d'une guerre à l'autre (01 10 2002)
sanctions-boycott ,(AMAN) En Jordanie, la consommation de Coca Cola a baissé. (01 10 2002)
idées, Seule la mobilisation peut arrêter Bush (31 03 2002)
idées, La guerre à retardement n'est pas nouvelle (01 01 1994)
idées, La personnalisation du conflit : réduire un pays à un homme (01 01 1992)
Contacter cette personnalité - Site Perso - Info sur le Web (Google)
Idée LCBC : Le lien entre les occupations
A bas le Mur!, vive le Mur ?
Le 28 04 2004 Michel Collon, paru dans LCBC
'A bas le Mur!' criait Washington pendant des années, contre le Mur de Berlin.
'Vive le Mur!' crie Washington aujourd'hui pour soutenir les crimes de Sharon.
'Vive le Mur!' crie Washington depuis cinquante ans pour interdire la réunification de la Corée.
'Vive le Mur!' crie Washington en se barricadant pour empêcher des Mexicains pauvres de venir récupérer un tout petit peu de ce que les multinationales US leur ont pris.
La morale de cette histoire ? C'est qu'ils n'en ont pas. Kissinger (un connaisseur) disait : 'Les grandes puissances n'ont pas de principes. Seulement des intérêts.'
http://www.lescasquesbleuscitoyens.com
Mise en ligne le : 2004-04-29
Idée LCBC : Les Etats-Unis sont dangeureux et hors la loi
Ils ne savaient pas [les faucons]
Le 17 05 2004 Michel Collon,
Rumsfeld ne savait pas que l'armée qu'il dirige pratiquait la torture.
Colin Powell ne savait pas que les services qu'il dirige avaient menti sur les 'armes de destruction massive'.
Le général Franks ne savait pas que ses troupes avaient tiré délibérément sur des civils irakiens, des ambulances et des journalistes.
Le FBI ne savait pas que ses agents lui avaient envoyé des rapports annonçant le 11 septembre.
Le vice-président Cheney ne savait pas que chaque fois que les USA installent une base militaire, c'est sa société, Brown & Root, qui empoche.
Distrait, George Bush ne savait non plus que son élection avait été financée par les multinationales du pétrole et de l'armement.
Savaient-ils que nous ne les croirions pas ? Faisons-leur savoir!
http://www.lescasquesbleuscitoyens.com
Mise en ligne le : 2004-05-18
WASHINGTON A TROUVE LA SOLUTION : Divisons l'Irak comme la Yougoslavie!
Le 25 11 2003 Michel Collon,
Ils ont trouvé la solution ! Diviser l'Irak en trois mini - Etats et les exciter les uns contre les autres. Ca vous rappelle quelque chose ? Eh oui, ce n'est pas la première fois... Le New York Times publie ce 25 novembre un éditorial signé Leslie Gelb. Homme influent qui présidait jusqu'il y a peu le très important Council of Foreign Affairs, groupe de réflexion regroupant CIA, ministère des Affaires étrangères et hauts bonnets de multinationales US. Le plan Gelb ? Remplacer l'Irak par trois petits Etats : « kurde au nord, sunnite au centre et chiite au sud». Objectif ? « placer le maximum d'argent et de troupes chez les Kurdes et les chiites. Les USA pourraient retirer la plupart de leurs forces du triangle sunnite au nord et à l'ouest de Bagdad. Les trouble - fêtes sunnites, privés du pétrole et de revenus devraient restreindre leurs ambitions ou en subir les conséquences .» Bref, affamer l'Etat central autour de Bagdad parce que les sunnites ont toujours été le fer de lance de la résistance à l'impérialisme US. Ce plan de la CIA existait discrètement depuis un certain temps, nous l'avions dénoncé dans un article de septembre 2002 (1). Mais en fait, diviser l'Irak est aussi un vieux rêve israélien. En 1982, Oded Yinon, un responsable des Affaires étrangères, écrivait : «Dissoudre l'Irak est encore plus important pour nous que la Syrie. A court terme, c'est la puissance irakienne qui constitue la plus grande menace pour Israël. Une guerre Iran - Irak déchirera l'Irak et provoquera sa chute. Toute espèce de conflit inter - arabe nous aidera et accélérera l'objectif de briser l'Irak en divers morceaux.» (2)
Vous reprendrez bien un peu de nettoyage ethnique ? Gelb veut donc faire éclater l'Irak en transformant le nord (majorité kurde) et le sud (majorité de religion chiite) en «régions autonomes, aux frontières aussi proches que possible des démarcations ethniques». Mais cette méthode n'a-t-elle pas provoqué la guerre civile et un bain de sang en Yougoslavie ? Parce que les diverses régions de ce pays comportaient toutes d'importantes minorités et que le partage était impossible sans transferts forcés de populations. Or, non seulement Berlin avait reconnu les indépendances de la Slovénie et de la Croatie de façon prématurée et provocatrice, mais, pire encore, Berlin, puis Washington avaient depuis longtemps, en coulisses, financé et armé des extrémistes racistes, nostalgiques de la Deuxième Guerre mondiale. Ceci rendait la guerre civile quasi inévitable car le FMI et la Banque mondiale avaient plongé la Yougoslavie en faillite afin qu'elle se soumette au néo-libéralisme triomphant avec la chute du Mur. Tout ceci bien sûr fut soigneusement caché à l'opinion publique. (3) Tout comme on lui cache qu'à présent, toutes les populations de Yougoslavie sont plongées dans la misère et le chômage, pires qu'avant. Pendant que les multinationales font main basse sur toutes les richesses. (4) En Irak aussi, les trois grands groupes de populations ne sont pas « chacun dans une région », mais largement mélangés (voir note géographique ci-après). D'ailleurs, Gelb sait très bien que recommencer en Irak aurait à nouveau toutes les chances de provoquer de graves conflits « ethniques », voire même une guerre civile. Il annonce d'ailleurs cyniquement que l'Etat au centre de l'Irak « pourrait punir les importantes minorités kurdes et chiites de Bagdad, laissées en dehors des Etats ethniques à créer au nord et au sud. Ces minorités doivent avoir le temps et les moyens de s'organiser, de conclure des accords, ou de s'en aller au nord ou au sud». Ainsi, des millions de gens devraient quitter les régions où ils ont toujours vécu, mais Gelb n'y voi! t pas d'inconvénients si cela permet d'assurer la domination coloniale des Etats-Unis. Le précédent yougoslave ne suffit pas comme avertissement ? La vérité, c'est que pour Gelb, la guerre civile en Yougoslavie a été une grande réussite US car elle a permis de faire éclater un pays qui résistait aux multinationales.
Et revoici la théorie des « Etats purs » ! En effet, Gelb se réfère ouvertement à «un précédent plein d'espoir : la Yougoslavie». Curieux ! Ne nous avait-on pas raconté que les Etats-Unis étaient intervenus là pour empêcher le 'nettoyage ethnique' ? Pas du tout, avoue-t-il, les «Etats purs », c'est très bien quand cela sert les plans de Washington. En prônant les « Etats purs » (Gelb parle aussi d'Etats « naturels » !), en critiquant Tito pour avoir regroupé dans une Yougoslavie unie des « groupes ethniquement très disparates », en prétendant que l'Irak est un « Etat artificiel » pour les mêmes raisons, Gelb ressort les vieilles théories de l'extrême droite. Sa théorie des Etats purs, c'est celle d'Hitler : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer» (un peuple, un empire, un chef). C'est aussi celle des sionistes rêvant d'un Israël « purifié des Arabes ». En Yougoslavie, ce fut la théorie des protégés de l'Ouest, le Croate Tudjman et le Bosniaque Izetbegovic. Et aussi celle du dirigeant serbe de droite Karadzic. Il e! st curieux de retrouver les USA prônant les théories qu'ils prétendent avoir combattues ! La vérité, c'est que les Etats-Unis - comme tous les colonialistes - sont pour ou contre les Etats purs selon que cela convient ou non à leurs intérêts stratégiques. La seule chose qui compte, c'est d'affaiblir la résistance. Diviser pour régner. Comme toujours. Les Britanniques ont soigneusement organisé la division entre Irlandais, entre Indiens et Pakistanais et à d'autres endroits du globe. L'influent stratège US Zbigniew Brzezinski veut diviser la Russie en trois pour isoler Moscou du pétrole. La CIA a également « des plans » pour diviser l'Arabie saoudite. A l'époque où se forment de très grands ensembles économiques et politiques autour de l'Union Européenne ou des Etats-Unis, voici que ces mêmes grandes puissances organisent le morcellement de certains Etats. Ceux qui leur résistent. Le principe de la politique internationale US, c'est qu'il n'y a pas de principe. On peut faire semblant de combattre le nettoyage ethnique un jour et l'organiser le lendemain. Avec l'arbitraire le plus complet. Hier, les Etats-Unis ont obligé les Kurdes à demeurer dans l'Etat turc alors dirigé par des généraux fascistes, mais aujourd'hui ils préparent un Etat kurde soi-disant « autodéterminé » (en réalité une marionnette). Ils prétendent apporter la démocratie partout dans le monde, mais les voici qui réhabilitent des théories fascistes sur les « Etats purs ».
Le danger d'une théorie exportable partout Le danger de cette folle théorie dépasse de loin l'Irak ou la Yougoslavie. La moitié des Etats existant aujourd'hui sur cette planète sont « multinationaux ». Et les gens sensés considèrent cela comme enrichissant de par le brassage des cultures. Mais si on admet cette théorie des « Etats purs », les USA auront des prétextes pour faire exploser n'importe quel pays « multinational » qui leur résisterait. Washington en effet entend piétiner de plus en plus le droit international et la souveraineté des Etats. Ce qu'ils ont commencé avec la Yougoslavie et l'Afghanistan, et que malheureusement la majorité de la gauche occidentale a laissé faire pour de bien mauvaises raisons, ils s'apprêtent à le refaire un peu partout dans le monde. Stop ! Il est temps d'établir un bilan de la désastreuse alliance de cette gauche avec les Etats-Unis dans l'affaire yougoslave et l'affaire afghane. Si on veut résister à la guerre globale, c'est-à-dire à la recolonisation du monde, il est temps de revenir à la défense de la souveraineté des pays du tiers monde, un principe qui fait partie de la charte des Nations - Unies. Un progrès acquis en 1945 et que les USA entendent à présent détruire.
Soutenir la résistance L'essence du plan Gelb, c'est de plonger l'Irak dans une guerre civile de longue durée afin de sauver l'occupation coloniale US et de pouvoir continuer à voler le pétrole. Tenter de diviser la résistance - qu'on trouve dans toutes les communautés - en punissant ceux qui voudraient continuer à vivre ensemble et en organisant hypocritement le « nettoyage ». Diviser par le chantage en affamant les sunnites, depuis longtemps foyer de résistance à l'impérialisme. Washington appliquera-t-il le plan Gelb ? Qu'est-ce qui l'en retient ? La crainte qu'un Etat irakien chiite ne rejoigne l'Iran, la plus forte armée « hostile » du Moyen-Orient. Et la crainte qu'un Etat irakien kurde ne devienne un pôle pour les Kurdes voulant se séparer de la Turquie. Un allié stratégique à respecter, ce pays étant le carrefour entre Balkans, Caucase et Moyen-Orient). Mais si la résistance irakienne continue à se renforcer et unit ses divers courants, y compris chiites, alors Washington risque de passer à l'application de son plan d'éclatement du pays. Le précédent yougoslave doit servir d'avertissement solennel ! Pas question de plonger d'autres pays dans le même drame ! Vu les dangers que Bush fait courir au monde entier, vu les théories fascistes auxquelles il a de plus en plus recours, la seule riposte possible est de renforcer un front uni mondial contre la politique des Etats-Unis et de soutenir les résistances partout. Et tout d'abord la remarquable résistance irakienne (et à ce propos, on en a marre que les médias dominants la qualifient souvent de « terroriste »). C'est la résistance irakienne qui a empêché Bush de s'en prendre, dans la foulée, à l'Iran, à la Syrie, à la Corée du Nord, à Cuba. Elle a montré une nouvelle fois que les Etats-Unis n'étaient jamais invincibles. Bush devient la risée du monde, le « tigre en papier » selon l'expression classique. Cette résistance a donc contré le découragement et le pessimisme qui s'étaient un peu répandus après la « libération de Bagdad ». La guerre n'est pas finie, elle commence. Soutenir cette résistance, c'est nous soutenir nous-mêmes.
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Mise en ligne le : 2003-12-15
La guerre à retardement n'est pas nouvelle
Le 01 01 1994 Michel Collon,
«Le 13 mai 1953, vingt bombardiers de l'US Air Force F-84 foncèrent en trois vagues successives sur la digue d'irrigation de Toksan, en Corée du Nord. D'une altitude de trois cents pieds, ils lancèrent leurs cargaisons d'explosifs sur les murs renforcés de la digue. La crue subite qui s'ensuivit nettoya les 40 kilomètres de vallée en aval. D'autres attaques similaires eurent lieu sur les digues de Chasan, Kuwonga, Kusong et Toksan ( ... ) qui fournissent 75% de l'eau utilisée pour la culture du riz en Corée du Nord. Ces actions, largement ignorées par la presse, les experts militaires et les commentateurs de l'information, au profit d'événements plus spectaculaires mais moins importants, ont constitué une des opérations aériennes les plus significatives de la guerre de Corée ( ... ) L'Occidental ne réalise guère l'atrocité que représente pour l'Asiatique la perte de ces produits de première nécessité: la famine et la mort lente. La disette de riz, fléau séculaire de l'Orient, est crainte davantage que la peste la plus mortelle. D'où les démonstrations de fureur, les violentes colères et les menaces ouvertes de représailles lorsque les bombes sont tombées sur cinq digues d'irrigation.»
Ce texte n'a pas été rédigé par une plume pacifiste ou du camp communiste. Il s'agit d'une étude de l'US Air Force elle-même, publiée en hiver 53-54 dans la «Air Universities Quaterly Review». Cette jubilation devant l'accomplissement de ce qui constitue manifestement un crime de guerre, contraire aux conventions internationales, indique que ce ne sont pas les impératifs moraux qui arrêtent l'armée américaine. Ceci ressort également de la façon de raisonner du texte ci-dessous:
« Il apparaît que des actions contre des cibles de la population (comme telles) non seulement créeront une vague contre-productive de rejet à l'étranger et dans le pays, mais en outre augmenteront gravement le risque d'élargir le conflit à la Chine et à l'Union soviétique. Par contre, la destruction de digues et de barrages, si on la mène correctement, pourrait (peut-être après la prochaine Pause) apporter des résultats. Il faudrait l'étudier. Une telle destruction ne tue ou ne noie pas les gens. En inondant les rizières, elle entraîne après un certain temps une famine à grande échelle (plus d'un million?) à moins qu'on ne fournisse de la nourriture - ce que nous pourrions proposer de faire à la table de conférence.»
Analyse rédigée par la CIA elle-même sur la stratégie dans la guerre du Viêt-nam mars 1966. Citée dans 'The Chomsky Reader', The United States and the World, p .2 70.
...
A part l'abri civil, les bombardements de Bagdad semblent avoir été terrifiants, mais généralement précis et ne pas avoir visé systématiquement la population civile. Parce qu'à Bagdad se trouvaient rassemblés quelques joumalistes occidentaux dont les témoignages auraient été gênants?
En conséquence, certains médias, se limitant volontairement à cette ville, ont maintenu la thèse de la guerre chirurgicale. Mais c'est ignorer qu'en province les bombardements ont été beaucoup plus importants et meurtriers. Et puis, surtout, la guerre la plus meurtrière n'a-t-elle pas été menée «à retardement»?
Détruire ce qu'on appelait «appareil militaro-industiiel» était la tâche fixée. Encore un piège linguistique. Mot-valise où chacun place ce qu'il veut. La mise en avant du terme «militaire», la position subordonnée du terme «industriel» visent à faire croire qu'on s'en prendra uniquement aux objectifs militaires et aux infrastructures industrielles qui soutiennent l'armée. En réalité, «industriel» permet un glissement équivoque. Car il s'agit bien de bombarder des objectifs civils qualifiés de militaires pour la circonstance: approvisionnement d'eau, égouts, système énergétique, ponts et toute l'infrastructure en général. Le résultat, attendu, fut la destruction effective du système sanitaire.
Tuer directement un trop grand nombre de civils irakiens provoquerait des réactions dans l'opinion arabe et internationale. Alors, on les tue à retardement, à petit feu. Et les médias, discrets, parlent de guerre propre. Les journalistes, qui travaillent toute la journée sur les mots, n'ont-ils pas repéré la malhonnêteté de ce terme «appareil militaro-industriel»? Exemple type des mots piégés que les militaires lancent, que les médias ne réfutent pas et qui permettent de tromper le public sur la réalité des objectifs. Quels seront les «mots-valises» de la prochaine guerre?
Les alliés ont mené une guerre à retardement. L'impact sur la population irakienne ne peut s'apprécier en considérant uniquement les dégâts encourus jusqu'au cessez-le-feu.
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Mise en ligne le : 2005-05-05
La personnalisation du conflit : réduire un pays à un homme
Le 01 01 1992 Michel Collon,
La première opération d'une campagne de démonisation consiste à réduire un pays à un homme. A faire comme si personne d'autre ne vivait en Irak, que le seul Saddam Hussein (et en annexe la «redoutable» Garde républicaine, mais elle n'est qu'un instrument, pas un sujet). A faire comme si les bombes alliées ne pouvaient tomber que sur Saddam Hussein, alors que personne, par contre, ne présentait les Scuds iraldens comme destinés à Shamir. Toute la crise a été réduite à un affrontement entre deux personnes: Bush et Saddam Hussein. Le Bien et le Mal.
Personnaliser ainsi le conflit est très typique d'une certaine conception qui considère l'histoire comme l'oeuvre de grands personnages - les héros - dont l'action individuelle produit les phénomènes sociaux, les changements et les conflits. Cette conception peut être dite idéaliste en ce sens qu'elle suppose que les idées de ces grands hommes expliquent la réalité historique.
A cet idéalisme historique s'oppose une autre conception, matérialiste. Pour celle-ci, les phénomènes historiques sont le résultat des rapports sociaux existant entre les hommes, des activités et des intérêts des diverses classes sociales qui coexistent et se heurtent. Aussi bien à l'intérieur d'un pays qu'entre les classes de pays différents (relations Nord-Sud, par exemple). Ces classes et ces fractions s'incarnent en des dirigeants qui peuvent jouer à certains moments un rôle plus ou moins important. Mais ce rôle n'est joué qu'en fonction des classes ou des groupes sociaux représentés et dans les limites que ceux-ci lui tracent. Ce qui n'empêche pas que les idées jouent un rôle souvent décisif dans les transformations sociales. La théorie du pouvoir total et arbitraire d'un homme isolé est une explication fantaisiste de l'histoire qui néglige les phénomènes plus profonds.
Selon qu'on partage l'une ou l'autre conception de l'histoire, ou bien on décrira la crise du Golfe comme un conflit entre George Bush et Saddam Hussein avec dans les seconds rôles Mitterrand, Perez de Cuellar, Tarek Aziz, Gorbatchev et quelques autres. Ou bien, au contraire, on l'analysera comme un conflit entre, d'une part, les multinationales pétrolières, l'ensemble des entreprises multinationales occidentales et les appareils politiques qui leurs sont liés et, d'autre part, une nation du monde arabe luttant pour son développement économique autonome et son indépendance politique,
Selon quelle conception les médias ont-ils écrit l'histoire de cette crise? Manifestement selon la première. A des degrés divers, selon qu'il s'agissait de la presse populaire ou d'une presse plus intellectuelle, cette personnalisation ramenait le conflit à un duel de western. Et l'on jugeait le bon cow-boy et le mauvais bandit sur leurs caractères et mérites personnels, non sur les intérêts économiques représentés par chacun.
Cette façon idéaliste d'écrire l'histoire a pour fonction d'évacuer le débat politique. On ne peut plus discuter les véritables choix fondamentaux. Par exemple. l'argent du pétrole doit-il être réinvesti comme bois de rallonge dans les économies occidentales (les émirs gardant en pourboire des fortunes colossales dilapidées à acheter des chevaux de course et des casinos) ou, au contraire, cet argent du pétrole ne serait-il pas mieux employé à assurer le développement économique et social de tous les peuples de la région? On ne peut plus discuter la question de savoir si les multinationales du Nord ont le droit de piller le Sud et d'employer le chantage ou la force chaque fois qu'un pays résiste.
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Mise en ligne le : 2005-05-05
Idée LCBC : Qui va faire la PAIX ? Les citoyens
Seule la mobilisation peut arrêter Bush
Le 31 03 2002 Michel Collon,
Tous ceux qui défendent la justice sociale et la paix ne sauraient attendre passivement de voir ce que feront les grandes puissances. Si on les laisse faire, la « busherie » est certaine. Avec un scénario connu d¹avance, car déjà expérimenté : pendant que les Etats-Unis prépareront leur armada militaire et renforceront leurs pressions sur les pays récalcitrants, on commencera par une campagne de médiamensonges pour assomer l¹opinion. Puisque, même en Grande-Bretagne, 51% sont opposés à une guerre contre l¹Irak (35% pour) , on manipulera cette opinion sur, au choix, le terrorisme, les armes de destruction massive ou le prétendu souci humanitaire pour les Kurdes, ou bien une combinaison de ces thèmes. Un grand médiamensonge provocateur se prépare à coup sûr.
La seule chose qui puisse arrêter cette « busherie », c¹est la mobilisation des peuples. Or, la résistance au Nouvel Ordre Mondial se renforce, et chaque semain, s¹expriment de nouveaux signes de résistance. Récemment, le Zimbabwe a résisté à une campagne américano-britannique visant à le recoloniser. Barcelone a été la plus grande manif antimondialisation jamais vue. La Chine vient de dénoncer le chantage nucléaire des nouveaux programmes d¹armement US. Et, dans nos pays aussi, les gens sont de plus en plus dégoûtés par les Etats-Unis et inquiets devant leurs menaces de guerre. A partir de là, peut naître une mobilisation pour la paix sans précédent. Et un débat sur la question fondamentale : quelle est cette société qui nous mène impitoyablement à la guerre et comment la transformer?
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Mise en ligne le : 2005-05-05

 

Présent aux Evénements (non exhaustif) :

 

Les Actions (non exhaustif) :

sanctions-boycott :
En Jordanie, la consommation de Coca Cola a baissé.
Le 01 10 2002 Michel Collon,
Victimes aussi de la mondialisation, de nombreux pays arabes et musulmans rejettent ces politiques US, et aussi l'agression qui se prépare. «Les Arabes de Jordanie se détournent bien plus des États-Unis qu'en 1990», affirme Abou Odeh, conseiller de l'ancien roi(10). À Amman, McDo et Burger King ont dû licencier du personnel. La consommation de Coca Cola a baissé.
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Mise en ligne le : 2005-05-05

missions civiles :
Irak d'une guerre à l'autre
Le 01 10 2002 Michel Collon,
Devant une délégation de 120 'inspecteurs de la paix' qui ont répondu à un appel sur internet, essentiellement d'Europe mais aussi du Maghreb, bien des portes autrement fermées s'ouvrent. Parmi eux, deux vétérans britannique et français de la guerre du Golfe, qui depuis ont quitté l'armée, nous permettent de percer le double mur de silence qui emprisonne la population irakienne. Lors de rencontres avec d'autres soldats irakiens, des scientifiques ou des artistes, leur regard decille le nôtre sur la prétendue volonté de libérer les Irakiens.
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Mise en ligne le : 2005-05-05

 

Les Oeuvres (non exhaustif) : (voir les autres auteurs)

 

Histoire : (voir les autres dates historiques)